A propos de ce blog

C'est durant ma petite enfance que j'ai découvert l’œuvre de Georges Brassens, grâce à mon père qui l’écoute souvent durant les longs trajets en voiture. Sur la route des vacances estivales, j'ai entendu pour la première fois Le Petit Cheval alors que je n'avais que 4 ans. C'était en août 1981. Au fil des années, j'ai découvert bien d'autres chansons. Dès l'adolescence, Georges Brassens était ancré dans mes racines musicales, au même titre que Jacques Brel, Léo Ferré, Barbara et les autres grands auteurs-compositeurs de la même génération. M’intéressant plus particulièrement à l’univers du poète sétois, je me suis alors mis à réunir ses albums originaux ainsi que divers ouvrages et autres documents, avant de démarrer une collection de disques vinyles à la fin des années 1990. Brassens en fait bien entendu partie. Cet engouement s’est accru au fil du temps et d’évènements tels que le Festival de Saint-Cyr-sur-Morin (31/03/2007) avec l’association Auprès de son Arbre. A l’occasion de la commémoration de l’année Brassens (2011), j’ai souhaité créer ce blog, afin de vous faire partager ma passion. Bonne visite... par les routes de printemps !

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"Chaque fois que je chante une chanson, je me fais la belle." Georges Brassens

mercredi 13 juillet 2016

Je ne suis rien que... Denis Pépin

Si il n'était pas dans la nature de Georges Brassens de s'opposer aux interprétations de ses chansons, il ne les appréciait cependant pas toutes, loin de là. Il fut même, en privé, parfois sévèrement critique vis-à-vis de certaines. Parmi celles qui le séduisirent figurent entre autres les quatre premières reprises pop de Denis Pépin: Marinette, Les amoureux des bancs publics, Le mauvais sujet repenti et Une jolie fleur. Enregistrées en décembre 1974 au studio IP (Paris 8e), elles parurent l'année suivante sur le tout premier album en solo de l'ancien batteur de groupes tels que Les Spector et Les Boots: Je ne suis rien que... (Warner Bros 56 112). On notera la présence, au sein des musiciens, de Marcel Azzola à l'accordéon.


Au verso de la pochette du disque, en bas à droite, se trouve une dédicace du poète sétois, que Denis Pépin a fait reproduire:


Merci Denis Pépin pour cette interprétation de Marinette, Les bancs publics, La jolie fleur et Le mauvais sujet, une interprétation personnelle avec des sonorités qui sont loin de me déplaire.
Merci aussi pour L'eau vive de Guy Béart et Ma môme de Ferrat qu'on écoute toujours avec plaisir. Et merci encore pour les chansons de... Denis Pépin qui m'ont fait passer un moment agréable et auxquelles je souhaite un grand succès et une longue vie.

Ce témoignage de gratitude, pas franchement courant de la part de Georges à l'égard de ses interprètes, provoqua une rencontre autour d'un repas. Une jolie fleur et Marinette, en particulier, devinrent des succès pour Denis Pépin qui monta alors souvent sur scène en salopette et casquette de poulbot, à l'exemple de ses prestations à l"émission Ring Parade, diffusée durant l'année 1975, avant le journal télévisé du dimanche soir sur Antenne 2. Deux 45T simples - Une jolie fleur/Le mauvais soldat (Warner Bros 16 404) et Marinette/Comme tu dis (Warner Bros 16 557) - participèrent à la promotion.


Malgré un réel talent, l'auteur de Je ne suis rien que... et de Grains de poussière eut une carrière assez confidentielle, démarrée en 1966 avec un super 45T, Les gens s'en vont dans le ciel (Polydor 27 267), publié sous le nom de Gilbert Safrani. Le texte de présentation du verso de la pochette est pourtant élogieux:

Il a 18 ans et il chante depuis trois ans...
Dans le midi, où il vit, on le connait déjà...
Mais il a voulu "monter à Paris"; à la première audition, on l'engage.
Voici son premier disque.
Écoutez-le, ce sont des chansons rythmées, jeunes, dans le coups, comme leur interprète.   

Farid Khaldi de son vrai patronyme (son père était originaire de Grande Kabylie et sa mère de Gouraya, agglomération côtière berbérophone de la wilaya de Tipaza, située à l'ouest d'Alger), devint ensuite Denis Pépin. Il dut attendre 1973 pour se lancer réellement avec le 45T simple Orange Bleue (AC 47411). En face B, Et j'irais te retrouver, adaptation francophone du I've Been Waiting For You de Neil Young. Un second 45T simple, Des fleurs et des chansons (AC 47410), comporte un titre coécrit par Gérard Manset: Y'a personne pour t'aider. Suivirent huit albums dont C.Q.F.D. (Warner Bros 56 181), qui retint l'attention des mélomanes avec des titres comme Aimer quand même, Pauv' Mamadou, Le musulman... Malheureusement, le succès ne fut pas réellement au rendez-vous.


Denis Pépin vit sa popularité s'éteindre dans la seconde moitié des années 1980, après son duo avec Irka: Quelque chose me dit (GC 8534). En 1994, il publia un ultime album, La mauvaise réputation (WM 334 992 201), dont le titre est un clin d’œil à une nouvelle interprétation personnelle de la célèbre chanson de Brassens. On y trouve également Dans l'eau de la Claire Fontaine, ainsi que de nouveaux enregistrements de Une jolie fleur et  Marinette avec des orchestrations différentes. Disparu le 27 janvier 2010 à l'âge de 61 ans, Denis Pépin laisse, en tant qu'auteur-compositeur-interprète, une œuvre de qualité qui n'a néanmoins jamais réellement rencontré son public. Ses reprises de standards du sétois moustachu offusquèrent certains puristes, mais furent jugées audacieuses par beaucoup dont l'intéressé lui-même. Ainsi, le jeune chanteur en salopette et casquette de poulbot  contribua-t-il, à sa manière, à faire vivre les chansons de Georges...

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