A propos de ce blog

C'est durant ma petite enfance que j'ai découvert l’œuvre de Georges Brassens, grâce à mon père qui l’écoute souvent durant les longs trajets en voiture. Sur la route des vacances estivales, j'ai entendu pour la première fois Le Petit Cheval alors que je n'avais que 4 ans. C'était en août 1981. Au fil des années, j'ai découvert bien d'autres chansons. Dès l'adolescence, Georges Brassens était ancré dans mes racines musicales, au même titre que Jacques Brel, Léo Ferré, Barbara et les autres grands auteurs-compositeurs de la même génération. M’intéressant plus particulièrement à l’univers du poète sétois, je me suis alors mis à réunir ses albums originaux ainsi que divers ouvrages et autres documents, avant de démarrer une collection de disques vinyles à la fin des années 1990. Brassens en fait bien entendu partie. Cet engouement s’est accru au fil du temps et d’évènements tels que le Festival de Saint-Cyr-sur-Morin (31/03/2007) avec l’association Auprès de son Arbre. A l’occasion de la commémoration de l’année Brassens (2011), j’ai souhaité créer ce blog, afin de vous faire partager ma passion. Bonne visite... par les routes de printemps !

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"Chaque fois que je chante une chanson, je me fais la belle." Georges Brassens

samedi 21 février 2015

Voici la ronde des jurons...

Maniant les jurons revigorants d'autrefois, plus colorés que ceux d'aujourd'hui, Georges Brassens dédie une chanson intemporelle aux hussards (soldats de la cavalerie légère), aux cadets de Gascogne - immortalisés tour à tour par Alexandre Dumas père dans Les Trois Mousquetaires (1844) puis Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac (1897) - mais aussi aux harengères du Pont-Neuf, que célébra François Villon dans sa Ballade des femmes de Paris. Un célèbre poème que l'on retrouve dans Le Testament (1461), recueil d'une vingtaine de poèmes essentiellement octosyllabiques considéré comme l'une des plus belles œuvres littéraires du Moyen Âge tardif. [Vassal J. - Brassens, homme libre - p. 172]

Prince, aux dames Parisiennes
De beau parler donne le pris;
Quoy qu'on die d'Italiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

Les harengères, ou haranchieres, ce sont les marchandes de poisson au détail qui avaient la réputation d'attirer le client par leur langage familier et imagé. Par extension, ce sont aussi des femmes aux manières et au langage grossiers.

Les harengères
Et les mégères
Ne parlent plus à la légère !

Les mégères, quant à elles, trouvent l'origine de leur qualificatif dans la mythologie gréco-romaine. Mégère (Μέγαιρα) est en effet l'une des trois Erinyes, divinités persécutrices dont les Furies sont la correspondance romaine. Elle est aujourd'hui devenue synonyme de femme acariâtre, emportée, hargneuse. [Rochard L. - Les mots de Brassens* - pp. 195-196]

Le vieux catéchisme poissard
N'a guèr' plus cours chez les hussards...

L'adjectif poissard est employé pour qualifier ce imite le langage et les mœurs du plus bas peuple. Une poissarde, comme l'explique le Littré, est une femme qui a des manières hardies, un langage grossier. Dans son ouvrage répertoriant et explicitant le riche vocabulaire que Brassens a mis en scène dans ses textes*, Loïc Rochard nous apprend que poissarde était une invective très usitée chez les harengères. Les hussards avaient-ils eux aussi un langage particulièrement familier ainsi que des us et coutumes grossières et sans-gêne au point que leur dénomination soit passée dans le langage courant pour désigner cette manière d'être ?

La ronde des jurons a moins choqué que Le pornographe, dont elle est le pendant. Ce qui s'explique aisément par le fait qu'à son époque les "joyeux jurons" défilant "comme des grains de chapelet" n'avaient plus cours. Fait que Jacques Charpentreau souligne dans son ouvrage Georges Brassens et la poésie quotidienne de la chanson (1960). Mieux encore, nombre d'entre nous en ont découvert certains grâce à Brassens qui, se référant au franc-parler des Gaulois dont il regrette la disparition, s'est livré à un exercice de style dont l'humour est le fil conducteur.


Dans l'éditorial du N°111 de la revue Les Amis de Georges (septembre-octobre 2009), Jean-Paul Sermonte évoque l'origine d'un panel de ces expressions, exutoires spontanées, servant d'injures et souvent issues d'une déformation destinée à cacher la référence à Dieu et ainsi, éviter le blasphème. ce dernier étant interdit à l'époque où l'Église exerçait son autorité au moins morale sur toute la société.

Pas de "gros mot" dans La ronde des jurons, juste des interjections imagées donnant une intensité particulière à un discours et que Brassens réunit pour le plaisir de les faire rimer... comme il l'a fait dans Le pornographe ! [Bonnafé A. -  ‎ ‎Georges Brassens‎  - p. 32]

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