 |
Guy Béart - © Michel Bourdais - CC BY-SA 3.0 |
Le 10/08/1955, Georges Brassens se produit au Théâtre de Verdure de Nice, avec le chansonnier Jacques Grello en vedette américaine. Guy Béart, en vacances durant deux semaines chez son oncle Jacques, est sans le sou et ne peut s'offrir une place. L’œil attiré par une affiche qui annonce le tour de chant, il se rend tout de même sur les lieux et assiste au spectacle depuis l'extérieur, s'asseyant non loin du théâtre, sis devant le monument du centenaire symbole du rattachement du Comté de Nice à la France, au cœur du jardin Albert-Ier, face à la mer. Malgré l'acoustique approximative qui en découle, la sobriété de l'accompagnement des chansons du sétois joua un rôle important dans la perception des paroles par le jeune ingénieur des ponts et chaussées. Ce qu'il explique par ailleurs dans son autobiographie L'espérance folle (1987).
Guy Béart: "(...) le soir tombé, je suis venu m´asseoir sur la balustrade qui longeait la promenade des Anglais. À l´époque, les sonos n´étaient pas démentielles et, à distance, on entendait parfaitement le concert."
J'ai rendez-vous avec vous, Une jolie fleur, Le parapluie, P... de toi, Les sabots d'Hélène, Le gorille, La prière (ou Il n'y a pas d'amour heureux), Hécatombe, Chanson pour l'auvergnat, Je suis un voyou, Le fossoyeur, Brave Margot, La cane de Jeanne et Le mauvais sujet repenti sont les titres prévus au programme, comme indiqué par Georges dans les pages du 01 au 03/01/1955 de son agenda "Pensées". [Brassens G. - Journal et autres carnets inédits - p. 329] A l'issue du récital, il rejoint les coulisses et attend, tandis que Brassens reçoit le public venu en masse et signe des cartes postales illustrées d'une photo de lui, guitare à la main. À la fin de la séance, resté seul, Guy retient l'attention de Georges.